Alaska : comment la Russie évite le piège ?

  • stoprussophobie redaction
  • mardi août 12, 2025
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Alaska : comment la Russie évite le piège ?

Avant la rencontre Trump-Poutine en Alaska, la plupart des médias et des commentateurs politiques, en Occident ou en Russie même, ont manifesté beaucoup d’incompréhension, d’illusions voire d’espoirs (!), d’intoxication (par exemple en faisant croire que le président Poutine aurait un avantage sur Trump) et bien peu se sont interrogés sur les raisons pour lesquelles le président russe a accepté de répondre à l’invitation de son homologue américain en prenant un risque colossal pour sa propre sécurité et pour l’avenir de celle de la Russie ?

Quel intérêt la Russie, qui aujourd’hui a encore l’avantage et l’initiative sur le terrain ukrainien dans la guerre déclenchée par l’OTAN, avait-elle d’accepter une telle rencontre essentiellement publicitaire  pour Trump ? Certes, du point de vue russe, Trump vaut mieux que Biden et ses marionnettistes ne serait qu’en raison des incertitudes semées dans le camp belliciste occidental et des réactions provoquées au sein des BRICS en lente constitution par ses menaces, mais que peut attendre la Russie d’une rencontre à ce stade ? Alors qu’il est évident que rien n’est mûr pour répondre à ses conditions exprimées dès décembre 2021.  C’est à dire une renégociation de la sécurité européenne pour tous les pays, y compris la Russie, le refus d’une nouvelle extension(en dépit des promesses faites à l’URSS et la Russie) de l’OTAN avec l’intégration de l’Ukraine et de la Géorgie, une application des accords de Minsk et donc un arrêt du projet imminent de nettoyage ethnique du Donbass (cause de l’opération militaire spéciale russe et condition dépassée aujourd’hui). D’autant que ce sommet nordique est programmé à la va vite au moment où les Etats-Unis annoncent leur mainmise sur l’Azerbaïdjan et l’Arménie, en vue de l’ouverture d’un front sud caucasien (corridor de Zanguezour) et des projets de voie commerciale et énergétique contournant la Russie.

En revanche, du coté occidental et essentiellement américain, que ce soit Trump ou un autre, la volonté de rouler une nouvelle fois les Russes est évidente. C’est pourquoi ces ritournelles sur “des négociations de paix” ou de “cessez-le-feu” chez nos politiques et leurs chambres d’échos médiatiques. Car il est tout aussi évident que les occidentaux bellicistes, constatant que tout n’a pas tourné comme prévu contre la Russie (cf. les déclarations de Maire ou de Johnson en 2022) , veulent mettre en pause pour se réarmer, s’adapter et reprendre la guerre dès que la situation sera plus favorable. Pour les Etats-Unis, l’objectif maintenant quasi-séculaire demeure un démantèlement de la Russie (cf. la carte de la Rand corporation). Il s’y ajoute aujourd’hui la volonté de trouver de nouveaux proxys pour faire la guerre aux cotés ou en remplacement des Ukrainiens, qui ne s’en sortent plus.  Et malheureusement, ces proxys, c’est nous les européens (si nous nous laissons faire).

Avant la tenue de la rencontre, on prend le risque d’espérer que :

  • il n’arrivera rien, ni immédiatement ni très rapidement après, à la personne de Vladimir Poutine. Trump lui-même n’est pas à l’abri des impétrants assassins de différents services US. Tout en réduisant le risque en allant en Alaska pour des raisons historiques symboliques mais aussi sans doute par précaution, le danger est réel et il faut que Poutine ait estimé que le jeu en valait la chandelle pour risquer. En espérant aussi que ce ne sont pas les éléments de la cinquième colonne au sein du pouvoir russe qui ont su l’influencer. Une réplique nucléaire est-elle prévue si quelque chose arrive à Poutine ?
  • la Russie n’acceptera pas n’importe quoi aboutissant à un scénario à la coréenne ou à la chypriote, qui ne serait qu’une préparation à une guerre plus terrible à laquelle nous serions mêlés en raison des choix des pouvoirs européens actuels.
  • la Russie et les USA parviennent tout de même à une normalisation de leurs relations diplomatiques bilatérales. Peut-être même des accords en matière de limitation des armements ? Peut-être des accords financiers et sur la route du nord et la levée de quelques sanctions occidentales qui gênent encore les Américains.
  • Trump parvienne à tirer un bénéfice politique, notamment pour les mid-terms, de ce sommet à haute teneur de communication. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles, les Russes ont accepté cette opération à haut risque pour la Russie.
  • l’ont puisse rêver : l’Alaska a été vendue par la Russie aux Etats-Unis  en 1867 pour 7,2 millions de dollars (environ 120 millions d’aujourd’hui). Bonne affaire pour les USA ! Trump doit aimer. Et si Poutine lui proposait que la Russie, en suivant l’exemple du “deal” sur l’Alaska, rachète la région d’Odessa, région de l’ancienne NovoRossia aujourd’hui en Ukraine. Sans libération de cette région historiquement russe et juive ashkénaze, une paix durable en Ukraine est peu probable. Un tel rachat résoudrait aussi la question et la menace qui pèse sur la Transdniestrie et la Moldavie, victime des menées de la Commission européenne. De plus, Trump pourrait déployer tout son talent de négociateur en obtenant un prix de 300 milliards de dollars, somme actuellement prise en otage par les pouvoirs et banques occidentales qui pourraient être affectée aux réparations en Ukraine…

 

L’article suivant d’un journaliste américain, ancien marine, étonnamment clairvoyant et informé apporte une des meilleures analyses sur le sujet avant la tenue du sommet du 15 août 2025